Vaderama : de l’échange de cartes de visite vers une intelligence collective
Avec des passages chez BO, Iri Secodip, Altares/Dun&Bradstreet… Christophe Candé et Boulalem Lazreg ont largement constaté la pauvreté en contacts des bases de données du marché, en notant 3 caractéristiques à cette donnée de contact :
- des taux de couverture et des volumes très faibles
- une donnée difficile à maintenir : la qualité venant généralement d’une collecte manuelle, par essence limitée, l’exhaustivité et la qualité durable s’avère utopique. Selon les études de Vaderama, seulement 30% en moyenne d’un carnet d’adresses est utilisé régulièrement et entretenu
- pourtant, la donnée contact est la donnée la plus fréquemment recherchée lors d’un projet touchant la qualité d’un référentiel.
Les fournisseurs ne manquent pas sur le marché, mais les utilisateurs remontent toujours les mêmes insatisfactions : défaut de qualité (fraîcheur, précision), difficulté à atteindre le contact (NPAI), des taux de retour très faibles, un ciblage souvent inexact.
D’où la tentation des réseaux sociaux qui évitent cet effort de collecte mais qui interrogent sur le postulat d’exactitude : comment vérifier les informations fournies de façon déclarative ? comment exploiter ces contacts en masse ? et enfin, quelle fraîcheur d’information puisque les réseaux sociaux, fonctionnant tels des annuaires, n’imposent pas de mises à jour contraintes ?
Les volumétries affichées (plus de 3 millions de profils sur la version française de Viadeo) ont malgré tout convaincu en proposant une puissance de collecte inégalable. Le Social Media serait la piste à suivre…
Comment êtes-vous passé de ces constats au projet Vaderama ?
Le livre Wikinomics a porté le concept de contribution, l’idée étant qu’une collecte de masse régulière devait exploiter le web. Mais contrairement à des références du principe de contribution, comme Wikipedia, la gestion des contacts ne fonctionne pas à la reconnaissance.
Pour autant, le développement des affaires repose sur le moteur du partage d’informations : réseau et échange de carnets d’adresses.
Nous avons donc imaginé une approche différente de la notion de contribution, adapté à ce partage de données de contacts.
En quoi Vaderama se différencie-t-il de références comme Linked In ou Viadeo ?
Ces sites sont limités aux utilisateurs actifs : chacun doit se déclarer, s’inscrire.
Vaderama dépasse cette contrainte en proposant à chaque utilisateur de saisir ou de charger des contacts (ou son carnet d’adresses) et de le partager anonymement.
Pourquoi ces personnes « inactives » accepteraient-elles d’être enregistrées sur un réseau social comme le vôtre ?
Avant tout, nous tenons à préciser un point important : Vaderama n’est pas un réseau social.
Vaderama ne reproduit pas le concept de Linked In ou de Viadeo, qui ne proposent pas les informations nécessaires pour exploiter des contacts (téléphone, email, adresse, infos complémentaires) et ne propose pas de système de liens entre personnes.
Vaderama opte pour un approche directe du contact : chaque inscrit peut consulter librement n’importe quel contact et accéder rapidement à l’ensemble de la base de contacts Vaderama.
Qu’entendez-vous par membre ?
Nous distinguons deux catégories de contacts (les membres et les contacts) :
- les membres s’inscrivent volontairement sur Vaderama, devenant contributeur bénéficiaire en important leurs contacts
- les contacts sont représentés par chaque carte de visite importée, et ne sont pas obligatoirement contributeurs eux-mêmes.
Des acteurs comme les sites de recrutement par internet pourraient voir là une sérieuse concurrence…
Non, au contraire, Vaderama est plutôt complémentaire de ces sites. Nous n’offrons pas de fonctionnalités de type CV, car un tel déclaratif ne permettrait pas de catégoriser et de sélectionner les candidats avec précision.
A l’inverse, chercher des acheteurs du secteur Chimie basés dans le sud-ouest et leur hiérarchie sera plus efficace à partir de Vaderama qu’avec des sites de CV ou des réseaux sociaux.
Vaderama, avec le principe de reprise des données d’une carte de visite, facilite le requêtage en normalisant des données comme le service, la fonction, le domaine d’activité, l’adresse (jusqu’à 4 lieux possibles).
Vous parlez de hiérarchies, comment gérez-vous cette information ?
Dans une 1ere étape, notre ambition est d’abord d’identifier les membres de Comités Exécutifs et Comité de Direction, en catégorisant les fonctions annoncées sur les cartes de visite : Employé/Cadre/Cadre Sup/Dirigeant.
Comment assurer l’exactitude de votre catégorisation ?
Vaderama admet tout à fait le risque d’inexactitude. Ces risques seront signalés sur la fiche du contact consulté, qui sera d’ailleurs invité à valider ou à modifier ses propres données personnelles.
Vous évoquez la contribution des personnes répertoriées : plus largement, comment organisez-vous la collecte ?
Les membres eux-mêmes assurent cette collecte en apportant leurs cartes de visite, soit en important un carnet existant, soit en renseignant le site au fil de leur activité.
Une notification par email, sur l’adresse professionnelle indiquée sur la carte, est envoyée à chaque personne dont la carte de visite a été proposée.
Si le mail arrive, le récepteur existe bien. S’il est rejeté, la carte n’est pas enregistrée (d’où un autre service rendu par Vaderama aux contributeurs).
L’email est le pivot du modèle d’administration de la base de contacts de Vaderama.
Enfin, la personne ayant reçu un mail de notification peut choisir de ne pas figurer dans la base Vaderama et peut, le cas échéant corriger les données de sa propre carte et confirmer son inscription. A ce stade, cette personne peut à son tour importer son propre carnet d’adresses et devenir ainsi membre contributeur.
Dans tous les cas, le contact garde la maîtrise totale de ses données et de leur diffusion.
Que se passe-t-il si l’email arrive mais pas ouvert ?
La carte est alors enregistrée avec un risque d’inexactitude (sur un système de notation avec des étoiles, cette carte n’a aucune étoile), et les membres sont mis à contribution pour la fiabiliser (via un système de soumission d’informations).
In fine, quelle est la vocation de Vaderama versus d’autres communautés existantes ?
Vaderama aide à trouver le bon interlocuteur : un contact qualifié pour des besoins de recrutement, partage d’expertise, recherche de fournisseur ou de partenaire…
Les réseaux existants rassemblent certes des communautés fondées sur des schémas d’affinité, mais comment entrer en relation avec les membres d’une communauté si l’on n’en fait pas partie ?
Plus largement, nous réfléchissons également à étendre l’inscription des membres aux organisations professionnelles en tant que telles : soumises aux mêmes conditions de contribution que les individus, elles bénéficieront de services dédiés pour répondre à leurs enjeux de contact management.
Quelles sont les autres perspectives entrevues aujourd’hui ?
A court terme, nous souhaitons développer un modèle inspiré d’Adword ou des marchés boursiers en valorisant les cartes de visite les plus qualifiées mais aussi les plus recherchées, et ce afin d’apporter des garanties supplémentaires de qualité de services à nos utilisateurs.
A plus long terme, en tenant compte des évolutions rapides des technologies comme le cloud ou encore l’évolution des pratiques et des comportements quant à l’utilisation des données personnelles, il s’agirait d’étendre nos services pour proposer des plateformes dédiées aux entreprises souhaitant partager leurs patrimoines de contacts avec leurs partenaires : un outil d’intelligence collective en somme.
Pour aller plus loin : www.vaderama.com
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